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Revue de presse

Drame d’Allinges : « C’est le dernier ‘’Maman’’ que j’ai entendu », raconte la mère de Yannis

09/04/2013

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La cinquième journée du procès du drame d’Allinges a été une nouvelle fois chargée d’émotion. Cet mardi 9 avril après-midi, les parents des sept enfants décédés sont venus devant les juges du tribunal de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) raconter leur journée du 2 juin 2008.

Le regard vide, tous ont expliqué, avec leurs mots, comment ils avaient appris l’accident puis, sans trop y croire, la mort de leur enfant.
Arrivé à la barre, le père de Natacha Pinget a eu quelques mots avant de se taire : « Je ne sais pas ce qu’on peut dire quand on a perdu sa fille. »
Le père de Léa Duchamp a affirmé qu’à la maison ils avaient « mis deux ans à toucher sa chambre, son pyjama ». « On pensait toujours qu’elle reviendrait », a-t-il expliqué aux côtés de son épouse.
Mme Favre, la maman de Fanny, a eu le courage de partager quelques mots : « Il y a 4 ans, on fondait une famille. Aujourd’hui je n’ai plus rien » (son mari est décédé fin 2012, ndlr).

« Je me sens plus proche de Tom que des vivants »
« Je repense au chauffeur qui disait "j’ai tué vos enfants, j’ai tué vos enfants...". Il n’y est pour rien », a tenu à préciser la père de Tom Houdebert avant d’exhorter la SNCF et RFF « à faire quelque chose ». « Une personne à mi-temps, en France, pour s’occuper de la sécurité des passages à niveau, c’est ignoble ! »

Son épouse a livré de son côté avoir « pris beaucoup de distance par rapport à la vie. Je me sens en survie, plus proche de Tom que des vivants ».
Valérie Pieve, la maman de Yannis, son fils unique, a raconté : « Il ne voulait pas aller à la sortie ; il m’a dit “Non Maman”. C’est le dernier “Maman” que j’ai entendu. C’est dur pour une femme devenue mère de ne plus entendre ce mot de cinq lettres : “Maman”… »
Eric Jandin était « déconnecté de la vie »

La journée s’est terminée par le témoignage de l’épouse d’Eric Jandin le professeur qui s’est suicidé 46 jours après le drame. Pour Patricia Jandin, son mari a commencé à aller mal dès le 2 juin : « Il a dû reconnaître les corps alors qu’il avait peur du sang. A la maison, il était plus ce qu’il était : à la fête des pères, il a dit : “Je ne peux pas prendre ton cadeau”, car les autres papas ne pouvaient plus le faire… Il s’est vite déconnecté de la vie. Il avait perdu 8 kg. Il a tout le temps demandé pardon. Il a dit “ils m’ont fait confiance, je ne les ai pas tous ramenés. »

Demain, mercredi 10 avril, le tribunal se déplacera sur les lieux du drame. Seuls sont autorisés à se rendre sur place les parties civiles et leurs avocats, ainsi que les prévenus et la presse. Il ne s’agit pas d’une reconstitution mais d’un simple déplacement sur les lieux.

La fin des débats aura lieu vendredi 12 avril.

lemessager.fr, EMMANUEL ROUXEL, le 9 avril 2013