Concordia : très cher naufrage

Cinq jours après le naufrage, l’heure des comptes a sonné. L’accident du paquebot Costa Concordia, échoué près d’une île toscane, risque de coûter très cher au croisiériste Costa. Pour Gilles Mareuse, directeur de la souscription marine de l’assureur Allianz à Paris, les assurances de l’armateur devraient jouer. Même s’il faut encore qu’il y ait une expertise judiciaire, et des expertises des assurances "pour estimer les dommages aux navires", les premiers éléments ont déjà filtré.

Quel coût pour Costa Croisière ? Le groupe Carnival, qui possède Costa, a chiffré l’impact immédiat sur ses comptes entre 85 et 95 millions de dollars (entre 66 et 74 millions d’euros). Mais la facture devrait s’alourdir : Carnival prévoit d’autres coûts que la compagnie "n’est pas en mesure de déterminer à l’heure actuelle", a-t-elle précisé. D’après le Financial Times, Carnival pourrait perdre au total au moins 200 millions de dollars (155 millions d’euros) à cause du naufrage. Ce montant comprend 150 millions de dollars (116 millions d’euros) de pertes directes, le reste étant composé des frais de sauvetage et de rétablissement de l’épave.

Quelle assurance pour le bateau ? L’armateur du navire avait assuré le Concordia pour 395 millions d’euros. Pour assurer la couverture des dommages subis par le navire, pas moins de 28 assureurs sont réunis. Il s’agirait, selon un assureur, du plus important sinistre maritime jamais survenu.

L’assurance en responsabilité civile, elle, couvre les dommages causés aux tiers, c’est-à-dire à la fois les passagers, l’équipage et les riverains, donc également la pollution. La facture pourrait, selon une analyste citée par Reuters, atteindre 500 millions de dollars (389 millions d’euros) et monter jusqu’à un milliard de dollars (777 millions d’euros), en fonction des poursuites judiciaires qui seront engagées.

Quel coût pour les croisières ? Le naufrage du Concordia risque en outre d’affecter toutes les entreprises du secteur. Et ce d’autant plus que l’accident intervient au moment où les voyageurs réservent leur croisière, note Bloomberg. Le pic des réservations est en effet atteint entre janvier et mars, période durant laquelle sont prises environ un tiers de toutes les réservations de croisières, avec en ligne de mire l’été, saison clé de cette industrie.

Stewart Chiron, spécialiste du secteur des croisières, est quant à lui moins pessimiste, affirmant que dans le secteur des croisières, les accidents sont extrêmement rares. Il fait le parallèle avec le secteur aérien. "Quand un avion s’écrase, combien de personnes arrêtent de voler ?", a-t-il demandé à l’agence de presse AP. Au final, le secteur devrait donc, à terme, retrouver son rythme de… croisière.

Europe1.fr 18 janvier 2012


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