Xynthia : aucune maison rasée "sous la contrainte"

Le Secrétaire d’Etat au Logement, Benoist Apparu, reconnaît que le terme « zones noires » était « inapproprié ». Si le gouvernement préfère désormais parler de « zones de solidarité », il réfute en revanche tout rétropédalage.

Soulagement en Charente-Maritime et en Vendée. Aucune des 1.510 maisons classées en zones noires après la tempête Xynthia de février dernier « ne sera rasée sous la contrainte », affirme le secrétaire d’Etat au Logement, Benoist Apparu, dans un entretien au Parisien daté de jeudi.

Même les fameuses « zones noires » sont aujourd’hui victimes du recul de l’Etat, puisqu’elles sont rebaptisées « zones de solidarité ». Seules les maisons dont les propriétaires souhaitent se débarrasser seront ainsi rasées. L’Etat s’engage également à les racheter à leur valeur d’avant la tempête, plus 10%. Autre nouveauté : les personnes qui souhaitent rester chez elle le pourront. En résumé, aucune mesure de démolition radicale ne sera prise avant la réalisation d’une enquête publique qui risque de durer plusieurs mois, selon le quotidien.

« Nous avons mal communiqué, le terme de ‘zones noires’ était inapproprié et incompris. C’est pourquoi nous les avons rebaptisées ‘zones de solidarité’ », reconnaît Benoist Apparu dans Le Parisien. « Une destruction doit être liée à une enquête publique, poursuit-il. C’est en vue de cette enquête qu’un nouveau périmètre, certainement ajusté à la baisse, est en train d’être établi ». Et le secrétaire d’Etat d’ajouter : « Cela peut donner le sentiment d’un changement de pied, mais c’était pour clarifier les choses ».

Luc Chatel,le porte-parole du gouvernement, a assuré à son tour jeudi que l’Etat n’avait « jamais dit » que toutes les maisons seraient détruites dans les zones noires à haut risque. « Nous avons toujours dit ça », a-t-il insisté en reconnaissant toutefois qu’« on peut toujours mieux faire en matière de communication, d’explication » et qu’ »à l’époque il y avait une tension, les familles étaient très atteintes ».

Un « malentendu » concernant les zones noires

Le gouvernement avait annoncé début avril que plus d’un millier de logements seraient détruits. Ces habitations, situées dans les « zones noires », constituaient à l’époque selon l’Etat un « danger de mort avéré » pour leurs propriétaires, alors interdits de les réintégrer. Une décision qui avait été accueillie par une levée de boucliers dans les régions concernées. Des sinistrés avaient également attaqué en justice la décision de l’Etat, dénonçant son « arbitraire ».

Mi-avril, déjà, le ministre de l’Environnement, Jean-Louis Borloo, avait expliqué qu’il y avait eu un « malentendu » concernant les zones noires. « Il ne saurait être question de démolition systématique et autoritaire », avait-il écrit dans une lettre aux élus concernés de Vendée et Charente-Maritime.

Le zonage défini après la catastrophe avait été vivement critiqué par de nombreux habitants, mais également par des autorités locales et la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la tempête Xynthia, qui avait fait 53 morts le 28 février. Les expertises, jugées « opaques » ou « injustes » par certains, ont figuré pendant plusieurs mois au centre des discussions entre l’Etat et les sinistrés.

Jeudi, l’Association des victimes des inondations du Sud Vendée (Avif) a jugé que les déclarations de Benoist Apparu n’apportaient aucune garantie. « Il n’y a rien de véritablement nouveau. Les zones existent encore », a déclaré Xavier Machuron-Mandard, le vice-président de l’Avif. Fin mai, l’association avait par ailleurs porté plainte contre X notamment pour homicides involontaires alors que la tempête du 28 février avait fait 29 morts dans le département.

LeFigaro.fr

Marion BRUNET / 3 juin 2010


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