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Revue de presse

Un couple de « fausses victimes » des attentats de Nice de nouveau condamné

20/04/2017

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Un couple, domicilié à Cannes, a écopé de quatre et cinq ans d’emprisonnement par le tribunal correctionnel de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, après avoir prétendu être des victimes de l’attaque terroriste qui avait causé la mort de 86 personnes sur la promenade des Anglais le 14 juillet dernier.

« Les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît », déclarait Michel Audiard. En voici la preuve. Le tribunal correctionnel de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, vient de condamner un couple domicilié à Cannes qui prétendait être des victimes de l’attentat perpétré sur la promenade des Anglais à Nice, le 14 juillet dernier.

Sasa Damjanovic, 36 ans, et sa compagne Vera Vasic, 29 ans, n’en étaient pas à leur première escroquerie. En décembre dernier, ils avaient déjà été poursuivis en justice après avoir déclaré être présents le soir du 13 novembre 2015 près du Stade de France à Paris. Ils avaient écopé de trois ans de prison pour elle, et six ans pour lui.

Cette fois, les deux escrocs ont été condamnés à quatre et cinq ans d’emprisonnement assortis d’une interdiction de séjour de cinq ans dans les Alpes-Maritimes. Peu convaincu par les pleurs et les remords affichés dans le box par les deux prévenus, le parquet avait requis cinq et six ans de prison. Le couple a été reconnu coupable de tentative d’escroquerie au préjudice du Fonds de garantie des victimes du terrorisme et d’autres infractions (FGTI), l’organisme public chargé d’enregistrer les demandes d’indemnisation des victimes d’attentat. Le soir de la Fête nationale, alors qu’ils étaient à Cannes, le couple s’était précipité à Nice, vingt minutes après l’annonce de l’attentat, pour déposer un dossier à l’hôpital Pasteur, indiquant avoir été victimes de la bousculade due à l’attaque du camion-bélier.

L’attention des services du FGTI avait été alertée lorsque ce couple de nationalité française était venu déposer un dossier pour l’attentat de Nice alors qu’ils avaient déjà été indemnisés, à hauteur de 30.000 euros chacun, pour ceux de Paris. Face à cette coïncidence troublante, la justice, saisie par le FGTI, avait alors ouvert une enquête qui avait permis de confondre le couple, des relevés téléphoniques attestant de leur présence sur la Côte d’Azur le 13 novembre 2015, soir des attentats parisiens, et non près du stade de France comme ils le prétendaient.

Interrogée par Le Figaro, la secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes Juliette Méadel dénonce des « pratiques scandaleuses qui doivent être punies comme il se doit », mais affirme que, de façon globale « la fraude reste très isolée ». Le fonds de garantie des victimes du terrorisme et d’autres infractions (FGTI) « est très vigilant, et plusieurs autres dossiers sont encore très sérieusement étudiés », précise la secrétaire d’État.

D’autres cas de fraude recensés

Cette escroquerie « innommable » n’est pas la première recensée. Laura O., une femme de 24 ans, était, elle, jugée en novembre dernier pour avoir présenté aux policiers des faux certificats médicaux attestant qu’elle était au bar parisien Le Carillon, cible d’une attaque terroriste, le 13 novembre 2015. Elle s’était présentée en décembre 2015 au commissariat des Mureaux, dans les Yvelines, en prétendant avoir été « gravement blessée à un bras ». Mais lors de sa déposition, elle avait affirmé « avoir été soufflée par une explosion », alors que Le Carillon a été attaqué au fusil d’assaut.

Une autre femme, condamnée en juillet dernier par le tribunal correctionnel de Bobigny à six mois d’emprisonnement avec sursis, avait prétendu être au Bataclan le soir des attentats, et avait réclamé 10.000 euros au FGTI. Mais son téléphone avait indiqué que, ce soir-là, elle se trouvait à plus de vingt kilomètres du Bataclan… Lors de son procès, la fausse victime avait admis avoir menti par appât du gain.

Autre tentative d’escroquerie, celle d’un chauffeur de VTC qui affirmait, en décembre 2015, être présent au restaurant Le Petit Cambodge, dans le 10e arrondissement de Paris, le soir des attentats. Il avait livré une version des faits entendue dans les médias. L’enquête avait révélé qu’il était une victime de l’attentat du RER B à Saint-Michel à Paris en 1995.

En janvier 2017, un homme de 47 ans et une femme de 36 ans, soupçonnés de s’être fait passer pour des victimes des attentats de novembre 2015, avaient été également condamnés par le tribunal. Le couple avait affirmé, en février 2016, avoir été blessé par l’explosion à proximité du McDonald’s, près du Stade de France, le soir du 13 novembre. L’homme handicapé à 80% et son épouse, enceinte de leur deuxième enfant, s’étaient constitués partie civile « par appât du gain ». Ils ont écopé tous deux d’un an de prison, dont six mois ferme.

Source : lefigaro.fr
Auteurs : Alicia Paulet et AFP
Date : 20 avril 2017