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Soutien et défense de victimes
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Revue de presse

Deux jours après l’attaque au couteau, Villejuif est toujours sous le choc

07/01/2020

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Les habitants demeurent dans la sidération et les drapeaux sont en berne après le drame de vendredi qui a fait deux morts, dont l’assaillant, et deux blessées.

Le moral des habitants de Villejuif est à l’image des drapeaux sur le fronton de la mairie. En berne. La commune panse ses plaies après l’attaque au couteau qui a fait deux morts, dont l’assaillant, et deux blessées, vendredi, au parc des Hautes-Bruyères.

Le bilan est lourd : Michalski J., 56 ans, un habitant de Villejuif, électricien, est mortellement touché au cœur en tentant de protéger sa compagne Karine G., 47 ans, blessée au cou. Une jeune femme de Maisons-Alfort, Aurore K., 30 ans, est atteinte légèrement au dos. Quant à l’assaillant, Nathan C., 22 ans, radicalisé et souffrant de troubles psychiatriques, il a été abattu par les policiers. Le parquet national antiterroriste s’est saisi de l’affaire samedi soir.

Tout le week-end, les grilles d’entrée du parc départemental sont restées fermées au public. Au poste de police municipale de Villejuif, les drapeaux tricolores sont aussi en berne. C’est l’un des agents qui arriva le premier sur le lieu de l’attaque, selon le maire Franck Le Bohellec (ex-LR). Il avait alors pratiqué un massage cardiaque sur Michalski pour tenter de le réanimer. En vain.

« On n’est pas préparé à ça »

Dans l’impasse où Michalski vivait avec sa compagne, une voisine confie avoir « appris la nouvelle » samedi matin. « On se connaît tous ici », explique cette riveraine, précisant se faire « beaucoup de souci » pour Karine. Tout le monde semblait y apprécier ce couple, à qui on ne connaît pas d’enfants. « On n’est pas préparés à ça », glisse ce jeune homme, choqué et ému. « Nous attendons de savoir si un hommage va être organisé », expliquent d’autres riverains de l’impasse. La municipalité attend un retour de la famille du défunt pour cela.

Dans le reste de la ville, c’est la même émotion. « C’est irréel », explique Adèle, croisée sur le marché du centre-ville samedi matin. La jeune habitante confie avoir « mal dormi ». « Le parc des Hautes-Bruyères est connu de tout le monde, c’est un endroit où il m’arrive de me promener avec mes enfants. C’est glaçant de se dire qu’un tel drame s’est produit là. » « Ça fait beaucoup pour Villejuif, complète Amar, en référence à la mort d’ Aurélie Châtelain, tuée par balles en 2015, dans le cadre de l’attentat avorté de deux églises. J’avais des amis à la maison et on est restés scotchés sur la télé une partie de l’après-midi. Je pense à ces pauvres gens qui ont eu le malheur de se trouver à cet endroit ». « C’est dramatique, réagit cette autre Villejuifoise. On avait à peine eu le temps de se souhaiter bonne année. »

Soutien psychologique

Un soutien psychologique est mis en place pour les victimes et les nombreuses personnes impliquées, comme tous les clients retenus dans l’hypermarché Carrefour de L’Haÿ-les-Roses durant de longues heures, le temps de neutraliser l’assaillant, a annoncé samedi la procureure de la République de Créteil. Ils peuvent contacter le Bureau d’aide aux victimes au tribunal de Créteil (Tél. : 0800.17.18.05).

Les élus locaux, quant à eux, mettent de côté toute rivalité en cette période de campagne électorale, diffusant des messages de solidarité et d’empathie. « Notre priorité avec le maire de Villejuif est d’éviter de tomber dans le piège de la division, souligne Vincent Jeanbrun (Libres !), maire de L’Haÿ-les-Roses. Nous sommes malheureusement coutumiers du fait », faisant référence à Aurélie Châtelain et Philippe Braham. Cet habitant de L’Haÿ avait péri dans l’attentat de l’Hyper Cacher de Paris en janvier 2015.

KARINE, SAUVÉE PAR SON COMPAGNON, EST SORTIE DE L’HÔPITAL

Un grand pansement blanc protège encore son cou. Karine, 47 ans, la compagne de Michalski J. tué durant l’attaque au couteau, est sortie de l’hôpital ce samedi et a regagné son domicile à Villejuif. Elle y a retrouvé ses proches. Ils l’entourent du mieux qu’ils peuvent et la protègent, notamment du déluge médiatique.

Ce dimanche, cette femme aux longs cheveux châtains, élégante, les traits fins et la silhouette élancée, nous a entrouvert la porte. Maquilleuse et coiffeuse pour des troupes de théâtre, elle parle avec dignité malgré l’émotion. Mais elle refuse de s’exprimer dans la presse, encore sous le choc du décès de son compagnon qui lui a sauvé la vie.

Pour l’instant, selon ses proches, l’heure est au recueillement et à trouver un moyen de dépasser « la souffrance ».

Par Marine Legrand avec Fanny Delporte
Publié le 5 janvier 2020