MÉMOIRE I HOMMAGE AUX VICTIMES DE L’EFFONDREMENT DE LA RUE D’AUBAGNE 2018

Il y a 8 ans, le 5 novembre 2018, deux immeubles situés aux numéros 63 et 65 de la rue d’Aubagne à Marseille s’effondraient, causant la mort de de huit personnes : Simona CARPIGNANO, Ouloume SAID HASSANI, Marie-Emmanuelle BLANC, Taher HEDFI, Mohamed Chérif ZEMMAR, Pape Magatte NIASSE, Julien LALONDE FLORES et Fabien LAVIEILLE. Plusieurs personnes étaient également blessées.

Les services de secours arrivaient rapidement sur place et un périmètre de sécurité était installé. Les immeubles se trouvant à proximité immédiate étaient directement évacués. En effet, la rue d’Aubagne était coupée en deux par les gravats issus des effondrements. La société anonyme d’économie mixte Marseille Habitat et la société à responsabilité limité Cabinet LIAUTARD étaient poursuivies pour homicides et blessures involontaires. L’ancien adjoint au maire, Julien Ruas, ainsi que Richard CARTA et Xavier CACHARD, étaient, quant à eux, poursuivis pour des faits liés à des manquements aux obligations de sécurité et pour blessures involontaires.

Un procès en première instance s’était déroulé du 7 novembre au 18 décembre 2024 devant le tribunal correctionnel de Marseille. A l’issue des débats, le 7 juillet 2025, le bailleur social Marseille Habitat, qui détenait le numéro 63 de la rue d’Aubagne, son ex-directeur général, et trois copropriétaires du numéro 65, le seul immeuble habité lors du drame ont tous été relaxés.

En revanche, l’expert-architecte Richard CARTA, reconnu coupable de « faute caractérisée » pour avoir bâclé une visite de l’immeuble quelques jours avant le drame, et l’ex-adjoint au maire Julien RUAS, alors chargé du logement insalubre ont été condamnés à deux ans de prison avec sursis ainsi qu’à une interdiction définitive d’exercer la profession d’expert en matière d’architecture pour le premier et une interdiction d’exercer une fonction publique pendant cinq ans pour le second.

A la suite de la décision, le parquet a interjeté appel de la décision à l’égard du bailleur social Marseille Habitat et des trois copropriétaires. En effet, le parquet estimait que ces derniers auraient dû voir leur responsabilité engagée dans la survenance de l’accident. Julien RUAS et Xavier CACHARD ont également interjeté appel des décisions rendues à leur encontre. Le procès avait été marqué par les témoignages des rescapés et des proches des victimes décédées plongés dans l’incompréhension qu’un tel accident soit survenu alors que de multiples alertes avaient été données avant le 5 novembre.

La problématique de l’habitat indigne était également au cœur des débats. Les habitants et rescapés du drame s’étaient en effet rapidement fédérés après le drame au sein du collectif 5 novembre – Noailles en colère, pour dénoncer le mal logement.

Le Collectif, après avoir apporté son soutien pendant six années aux survivants et proches des victimes de ce drame, avait continué sa mobilisation durant le procès. En effet, plusieurs de ces membres étaient présents chaque jour au côté des parties civiles et des comptes rendus quotidien des débats étaient réalisés afin que le procès puisse être suivi et compris par le plus grand nombre de personnes possibles.

Le procès en appel se déroulera du 2 novembre au 18 décembre 2026 devant la Cour d’appel dont les juges se déplaceront au tribunal correctionnel de Marseille. Il fera de nouveau l’objet d’une mobilisation importante de la part du collectif 5 novembre – Noailles en colère.

En ce jour de mémoire, la FENVAC rend hommage à l’ensemble des victimes ainsi qu’à leurs proches.

La « dent creuse » laissée par la démolition des immeubles, en décembre 2019.

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