MEMOIRE I INCENDIE DU BAR CUBA LIBRE A ROUEN : NOUS RENDONS HOMMAGE AUX VICTIMES

Le 5 août 2016, réunis pour fêter un anniversaire, 14 jeunes perdaient la vie dans l’incendie qui se déclarait dans le sous-sol du bar où il se trouvaient, le Cuba Libre à Rouen.

Le plafond et les murs de la cave de l’établissement, transformée clandestinement en mini dancing, s’enflammaient après l’étincelle projetée par l’une des bougies d’anniversaire. Le matériel d’insonorisation, des plaques de mousse en polyuréthane, utilisé par les deux gérants du bar était inadapté et de mauvaise qualité.

C’est dans ces terribles circonstances que Julie, Romain, Sarah, David, Steeve, Jennifer, Florian, Mégane, Zacharia, Donatienne, Maverick, Ophélie, Brahim et Karima décèderont.

Deux survivants expliqueront au cours de la procédure que la porte de secours du sous-sol était verrouillée et que si elle avait été ouverte il n’y aurait eu « ni blessés, ni morts ». L’escalier donnant accès au sous-sol était trop étroit, trop bas de plafond pour permettre l’évacuation de toutes les personnes. Le sous-sol avait été aménagé par les cogérants en violant plusieurs normes de sécurité, violations dont certaines sont directement à l’origine du déclenchement de l’incendie mortel. En effet, selon les expertises, « la mousse achetée dans une enseigne de bricolage pour insonoriser la cave était inadaptée à l’utilisation qui en a été faite. Cette mousse était non classée au regard de la norme applicable qui exigeait pourtant l’utilisation de matériau de catégorie M1 pour les plafonds et M2 pour les parois verticales, c’est-à-dire respectivement non inflammables et difficilement inflammables ». L’emballage des dalles de mousse mentionnait notamment l’interdiction d’approcher toute flamme ou source de chaleur de cette mousse. Par ailleurs, l’absence de détecteurs de fumée et de système de désenfumage tout comme l’insuffisance d’extincteurs contribueront à la survenance de l’accident.

Au terme d’un procès d’une semaine dans lequel les auditions des témoins et des familles de victimes ont révélé toute la violence de ce drame, les cogérants seront condamnés. La FENVAC, partie civile, était présente à chacune des audiences. La souffrance des familles de victimes et le désarroi des prévenus, dans un contexte des décès de quatorze jeunes qui avaient la vie devant eux, ont rendu les débats particulièrement lourds émotionnellement.

Selon le tribunal correctionnel de Rouen, « bien qu’ils n’aient pas recherché les conséquences de ces manquements, cette violation manifestement délibérée de plusieurs obligations particulières de prudence ou de sécurité imposées par la loi ou le règlement a été à l’origine de l’incendie qui a eu lieu le 6 août 2016 dans la cave du CUBA LIBRE, incendie qui est la cause directe et certaine du décès des quatorze victimes ». Ils seront reconnus coupables d’homicides et de blessures involontaires et condamnés à une peine de 5 ans d’emprisonnement dont 2 ans assortis d’un sursis. Ils auront également l’interdiction définitive de gérer un établissement recevant du public.

Cette étape judiciaire particulièrement éprouvante pour les familles des victimes aura permis de comprendre toutes les causes de cet effroyable incendie qui aurait pu être évité si la règlementation avait été respectée. Depuis, de nombreux établissements recevant du public et en particulier les bars et les boites de nuit ont fait l’objet de contrôles renforcés.

La sortie de prison des gérants quelques mois après leur incarcération, du fait d’une libération conditionnelle, a ravivé la douleur des familles des victimes, déjà insatisfaite du jugement jugé trop clément.

Aujourd’hui, six ans après l’accident, les proches des victimes iront se recueillir devant la stèle érigée en leur mémoire en face de l’ancien bar.

Nous rendons hommage aux victimes. Nos pensées vont à leurs proches qui tentent de se reconstruire dans le souvenir de leur frère, de leur sœur, de leur enfant, de leur ami (e) arrachés à la vie par la négligence qui ont sacrifié la sécurité pour le profit.

Nous n’oublions pas.

Crédit photos : ©SL / Normandie-actu

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