Le 11 mars 2025, la Ville de Valence, en partenariat avec l’ONACVG (Office National des Combattants et des Victimes de Guerre), a organisé une commémoration en hommage aux victimes du terrorisme et en particulier celles de l’attaque du Musée du Bardo qui a eu lieu il y a 10 ans.
À cette occasion, neufs victimes présentes lors de ce drame, sept qui résident dans le département de la Drôme et deux dans celui du Vaucluse, ont pu se retrouver pour ce moment important afin de se recueillir, se soutenir et faire preuve de solidarité.
Françoise Vernet, présidente de l’Association de Mémoire et de Défense des Victimes de l’attentat du Musée du Bardo (A.V.M.B.), entourée des victimes de cette attaque, a pu partager son expérience vécue ce jour-là, une expérience qui reste gravée dans la mémoire des survivants et des familles des victimes.
Avec son accord, nous vous partageons son discours :
"Mesdames, Messieurs,
Il y a 10 ans, le 18 mars, nous étions les victimes de l’attentat du Musée du Bardo à Tunis.
Vers 12h30, nous débutons la visite dans une bonne ambiance… Puis, nous pénétrons dans la salle Dougga, le guide nous explique le Triomphe de Neptune et les quatre saisons en mosaïque !
C’est à ce moment précis que nous entendons des tirs à l’extérieur… Puis, les tirs résonnent à l’intérieur du musée, le guide a compris. Il prend la situation en main, nous finissons par comprendre nous aussi !
Et là commence un temps indéfini… Tout tourne au ralenti… La peur, ce n’est plus de la peur, c’est au-delà… Des larmes, des hurlements, les tirs n’arrêtent pas… L’explosion de grenades fait vibrer les murs, nous sommes accroupis pour ne pas être repérés, on se regarde, nous sommes tous terrifiés. Nous nous figeons dans le silence car il n’y a pas de mots, seuls nos regards expriment l’épouvante, d’une extrême violence.
Là, il n’y aura pas de sélection, on y passera tous !
Après deux heures trente environ, pris en otage dans cette salle !
Soudain, la porte s’ouvre doucement, nous apercevons en premier un canon qui dépasse, nous sommes paralysés… Tout le monde retient son souffle, on est fini ! Cette fois, on est face à face.
Arrivent les uns derrière les autres des hommes en noir cagoulés, ils nous font signe de rester à terre, de ne pas faire de bruit, sur leur gilet le sigle BAT, en voyant cette inscription, nous réalisons avec une lueur d’espoir qui sont nos sauveurs ! Merci.
Toutes nos pensées aux 22 personnes de toutes nationalités confondues qui ont perdu la vie, dont 4 Français, ainsi qu’à toutes les victimes des blessures physiques et psychologiques !
N’oublions jamais de nous souvenir :
Ils ont voulu détruire la valeur de la vie,
Ils n’ont réussi qu’à nous la rendre plus précieuse.
Nous avons pris conscience qu’une seconde vie s’ouvre à nous, le plaisir de profiter de chaque instant ! Merci de votre soutien et de votre écoute."
Ce témoignage nous rappelle la violence de cet attentat et l’impact qu’il a eu sur la vie des victimes. En partageant son expérience, Françoise Vernet invite chacun de nous à se souvenir de l’horreur, mais aussi de la résilience des victimes face à l’impensable. Elle souligne la solidarité et l’espoir qui ont émergé au cœur de la terreur et a permis de rendre hommage non seulement aux 22 victimes décédées lors de l’attentat mais aussi aux nombreux survivants qui, malgré les blessures physiques et psychologiques, continuent de porter ce fardeau avec courage.
Françoise Vernet a écrit un livre "Ce 18 Mars 2015..." publié aux éditions Les Auteurs Libres dont nous vous partageons le descriptif :
18 mars 2015 : attentat terroriste au Musée du Bardo à Tunis. Un carnage. Des touristes français étaient présents, pris au piège dans une des salles du musée. Françoise Vernet est une rescapée. Elle nous livre ici un récit hors du commun, touchant et humain sur ce jour ayant à jamais marqué sa vie et nous invite, sans fard, à la suivre sur le chemin, peuplé de doutes, de failles, mais aussi de bons moments et de fous rires, qu’elle a dû emprunter pour exorciser ce traumatisme. Comment reprendre une vie normale lorsque l’on est survivant d’un attentat terroriste ? Il n’y a hélas pas de mode d’emploi. L’auteur a pris la décision de revenir sur les lieux de l’attentat, la boule au ventre, certes, mais c’était une nécessité. Au milieu de ce chaos d’émotions, accompagnée de son amie Annick, elle saura faire de ce nouveau voyage un autre moment inoubliable.
Son récit invite le lecteur à comprendre pleinement son long chemin de reconstruction pour parvenir à la résilience.






