Il y a 2 ans, un professeur de lettres, Dominique Bernard, a été assassiné au lycée Gambetta-Carnot d’Arras. Cet acte, perpétré devant l’établissement où il enseignait depuis de longues années, a profondément marqué le monde éducatif et la conscience collective nationale. L’assaillant, Mohammed Mogouchkov, armé de deux couteaux, est arrivé à pied aux abords du lycée. Il a agressé Dominique Bernard, le poignardant à la gorge et au thorax. Un autre enseignant, David Verhaeghe, accourut pour porter secours ; il fut à son tour poignardé, blessé à la gorge et au visage. Deux agents de l’établissement présents furent également touchés.
L’assaillant avait enregistré une revendication dans laquelle il exprimait sa haine de la France, de la démocratie et de l’Éducation nationale, et prêté allégeance à l’État islamique.
Sur le plan judiciaire, l’assaillant a été mis en examen pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et pour « association de malfaiteurs terroristes ». L’instruction est toujours en cours. Le caractère terroriste de l’acte est reconnu. L’enquête s’attache également à reconstituer les influences idéologiques, le cheminement de radicalisation de l’auteur et ses complicités éventuelles.
Dominique Bernard avait 57 ans. Il était profondément apprécié pour son engagement, son amour de la littérature et de la transmission. Son épouse et ses proches ont exprimé leur détermination à ce que sa mémoire perdure dans le respect des valeurs qu’il incarnait. Lors des cérémonies d’hommage, la municipalité d’Arras, des représentants de l’État, des personnels de l’éducation et des citoyens se sont rassemblés pour rappeler que l’attaque ne visait pas seulement un individu, mais la mission même d’enseigner la liberté, le questionnement, le dialogue.
Le souvenir de Dominique Bernard demeure vivant dans les établissements scolaires : on observe une minute de silence, des projets pédagogiques, des lectures, des cérémonies. Sa mort nous met face à la violence idéologique à laquelle sont confrontées l’École et la société aujourd’hui.
Nous lui rendons hommage et avons une pensée pour sa famille, les victimes blessées et les lycéens impactés.
Le square Frachon a été inaugurée hier en hommage à Dominique Bernard





