Le 24 juillet 2014, le vol AH5017 reliant Ouagadougou à Alger, affrété par Air Algérie et exploité par la compagnie espagnole Swiftair, disparaissait des radars une cinquantaine de minutes après son décollage. L’appareil, un McDonnell Douglas MD-83 transportant cent dix passagers et six membres d’équipage, s’est écrasé dans une zone désertique du nord du Mali, près de Gossi. Les cent seize personnes présentes à bord ont perdu la vie lors de cet accident.
Le rapport du Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA), publié en avril 2016, a conclu que les pilotes n’ont pas activé le système de protection contre le givrage des moteurs alors que l’avion traversait une zone orageuse de nuit. Des cristaux de glace se sont formés sur les capteurs de pression, faussant les données transmises aux systèmes automatiques et provoquant une perte de vitesse non détectée jusqu’au décrochage.
Mise en examen en 2017 aux motifs « d’homicides involontaires par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement », la compagnie Swiftair a multiplié pendant près d’une décennie les recours procéduraux pour éviter un procès en France, invoquant une question préjudicielle. La Cour de Justice de l’Union Européenne a rendu le 3 mars 2025 un arrêt déclarant cette demande irrecevable, levant ainsi le dernier obstacle procédural invoqué par la compagnie. Le Tribunal correctionnel de Paris a en conséquence confirmé sa compétence pour juger Swiftair.
Le procès s’est tenu du 9 au 25 mars 2026, soit douze ans après la catastrophe. La FENVAC était présente aux côtés des victimes comme elle l’a toujours fait depuis la création de leur association « Association AH5017-Ensemble ». Les deux associations se sont constituées partie civile. Elles étaient toutes deux représentées par Me Sébastien BUSY. Le parquet a requis une amende de 225 000 euros à l’encontre de la compagnie swiftair pour homicide involontaire en retenant notamment une formation insuffisante de l’équipage. Les avocats de Swiftair ont plaidé la relaxe. Le délibéré est attendu le 28 septembre 2026 à 10 heures.
Une stèle commémorative portant le nom des 116 victimes a été inaugurée près de l’aéroport de Ouagadougou en juillet 2018, et une autre a été installée sur le site du crash, situé près de Gossi, au Mali dès avril 2015. À Paris, une allée du parc de Bercy a été baptisée « allée des 116 victimes du vol AH5017 du 24 juillet 2014 » en 2019 permettant aux familles de s’y retrouver. Un temps de recueillement au parc de Bercy est prévu à l’issu du délibéré le 28 septembre prochain.
En ce jour, nous rendons hommage aux victimes de ce crash et exprimons notre soutien aux proches et familles des victimes.
Mémorial inauguré le 24 juillet 2015 à l’aéroport de Ouagadougou contenant une stèle commémorative en mémoire des victimes
Plaque commémorative installée sur le site de l’accident près de Gossi au Mali
Allée des 116 victimes du vol AH 5017 du 24 juillet 2014 au parc de Bercy à Paris






