Le 25 juillet 2000 à 16h42, le Concorde F-BTSC assurant le vol charter Air France AF4590 à destination de New York s’élance depuis la piste de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Quelques secondes après le début de sa course, à la jonction avec le taxiway (Voie aménagée dans un aérodrome pour la circulation au sol des avions), l’intrados (Surface inférieure d’une aile d’avion) gauche prend feu. L’appareil peine à prendre de l’altitude, survole le bord de piste à une trentaine de mètres de hauteur et s’écrase deux minutes après sur l’hôtel Hotelissimo au lieu-dit de la Patte d’Oie à Gonesse, dans le Val-d’Oise. Cent treize personnes à bord perdent la vie, soit neuf membres d’équipage dont huit français, quatre-vingt-dix-neuf passagers, un accompagnateur Air France, ainsi que quatre employées de l’hôtel.
Une information judiciaire pour homicides et blessures involontaires est ouverte dès le 26 juillet 2000 par le parquet de Pontoise. L’enquête est confiée à trois magistrats instructeurs et à la Brigade de gendarmerie des transports aériens, renforcée par une cellule spécialisée de deux cent cinquante hommes. Une reconstitution est organisée le 23 mai 2003 à Roissy, huit jours avant l’arrêt définitif des vols Concorde d’Air France, pour replacer les témoins dans les conditions exactes du 25 juillet 2000.
L’enquête technique, confiée au Bureau d’enquêtes et d’analyses, établit que la perte d’une bande d’usure métallique en titane d’environ quarante centimètres, tombée sur la piste depuis un DC-10 de la compagnie américaine Continental Airlines ayant décollé quatre minutes plus tôt, a provoqué l’éclatement d’un pneu du Concorde. Les débris ont percuté la paroi d’un réservoir de carburant, provoquant un incendie incontrôlable.
Le procès s’ouvre le 2 février 2010 devant le tribunal correctionnel de Pontoise et dure jusqu’au 28 mai. Six personnes sont renvoyées devant le tribunal : John TAYLOR, chaudronnier de Continental Airlines ayant procédé au changement défectueux de la bande d’usure, son collègue Stanley FORD, la société Continental Airlines, ainsi que trois prévenus français liés au suivi de navigabilité du Concorde, Henri PERRIER, Jacques HERUBEL et Claude FRANTZEN.
Le jugement est rendu le 6 décembre 2010. John Taylor est condamné à quinze mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende, Continental Airlines à 200 000 euros d’amende. Les quatre autres prévenus sont relaxés. Au civil, Continental Airlines et John Taylor sont déclarés solidairement responsables et tenus d’indemniser les parties civiles ; EADS (aujourd’hui Airbus) est par ailleurs condamnée à indemniser certains préjudices au titre de la perte de chance.
Continental Airlines, John TAYLOR et le parquet font appel. Le procès en appel se tient devant la Cour d’appel de Versailles du 8 mars au 18 juin 2012. Henri PERRIER, gravement malade, est absent. Il décède le 6 mai 2012, mettant fin aux poursuites pénales le concernant. L’arrêt est rendu le 29 novembre 2012. La Cour prononce une relaxe générale au pénal, estimant que John Taylor ne pouvait anticiper qu’une simple lamelle de titane puisse provoquer une catastrophe de cette ampleur sur un appareil dont rien ne démontre qu’il en connaissait les spécificités techniques. Sur le plan civil en revanche, Continental Airlines est confirmée dans son obligation d’indemniser les parties civiles.
Dans ses observations générales lues en séance par la présidente, la Cour formule un constat sévère. Elle considère inacceptable que le Concorde ait pu conserver son certificat de navigabilité sans que les mesures qui s’imposaient ne fussent prises, tant sur les pneumatiques que sur la protection des réservoirs, alors que la menace des corps étrangers sur les pistes était connue depuis les années 1980 et que l’appareil avait subi de nombreux chocs aux pneumatiques au cours de vingt-cinq années d’exploitation. La Cour pointe également la mauvaise qualité de l’organisation française en matière de certification et de suivi de navigabilité, les rapports de force entre autorités françaises et britanniques, et les préoccupations économiques qui ont conduit à une acceptation résignée d’une situation à laquelle il était pourtant nécessaire de remédier.
Dès le premier anniversaire, le 25 juillet 2001, Air France organise une cérémonie œcuménique à l’église Saint-Sulpice à Paris, suivie du Requiem de Mozart, en présence d’environ 200 proches des victimes venus en majorité d’Allemagne. Des stèles sont inaugurées ce jour-là à l’aéroport de Roissy et au siège d’Air France. Une autre stèle est installée à proximité du site du crash à Gonesse.
Vingt-six ans après le drame de Gonesse, la FENVAC garde une pensée pour les familles des cent treize victimes.
Stèle présente à Gonesse





