
Dans la nuit du 14 au 15 avril 2005, un incendie se déclarait à l’hôtel OPÉRA situé au 76 rue de Provence à Paris. L’incendie, causé par la petite amie du fils des gérants de l’hôtel, a fait vingt-quatre morts.
Cet hôtel hébergeait principalement des personnes en situation précaire, placée dans cet établissement par les services sociaux. Ce drame a mis en lumière les conditions dans lesquelles sont hébergées ces personnes et plus particulièrement les demandeurs d’asile.
Le 19 avril 2005, le Procureur de la République ouvre une information judiciaire contre X des chefs de destructions involontaires par incendie, d’homicides involontaires et de blessures involontaires ayant entrainé une incapacité temporaire de travail supérieure à trois mois et une incapacité temporaire de travail inférieure ou égale à trois mois. Fatima TAHOUR, la petite amie du fils des gérants de l’hôtel, était rapidement mise en examen.
Les investigations ont démontré un niveau de sécurité incendie inférieur à celui d’hôtels comparables. Les investigations ont aussi montré plusieurs manquements notamment l’absence de détecteurs incendie aux étages malgré des prescriptions antérieures, un personnel non formé ayant aggravé la situation par la mauvaise utilisation des extincteurs, l’interruption de l’alarme, et la suroccupation de l’établissement où quatre-vingts personnes étaient présentes contre soixante-deux autorisées. Les experts ont conclu à un lien de causalité indirect mais déterminant, lié au non-respect des obligations réglementaires.
Le 14 septembre 2009, les gérants de l’hôtel, Madame Fatima DEKALI et Monsieur Rachid DEKALI ont aussi été mis en examen. Le 5 janvier 2012, Jocelyn DECORET, contrôleur de sécurité auprès de la Préfecture de Paris, a été placé sous le statut de témoin assisté parce qu’elle avait effectué, un mois avant l’incendie, un contrôle de sécurité jugée favorable et ce malgré les problèmes de sécurité que rencontrait l’hôtel.
Le 27 mars 2012 Nabil DEKALI, fils des gérants, a lui aussi été mis en examen. Il est reproché à Nabil DELAKI, de n’avoir pas de formation spécifique en matière de sécurité et d’incendie. Il a été reproché aux gérants d’héberger quatre vingt deux personnes alors que l’hôtel ne pouvait accueillir que soixante-deux personnes. Le procès s’ouvre le 14 novembre 2013 et s’acheve le 22 novembre 2013 devant le Tribunal correctionnel de Paris. Le jugement rendu condamne Fatima TAHOUR à trois ans d’emprisonnement ferme, Nabil DEKALI à trois ans d’emprisonnement avec sursis et les gérants à quatre ans d’emprisonnement avec sursis. Jocelyn DECORET, qui avait été placé sous le statut de témoin assisté était entendue devant le tribunal. Fatima TAHOUR interjette appel contre le jugement rendu. À l’issue du procès en appel, elle est condamnée à trois ans d’emprisonnement dont deux fermes et est considéré comme principale responsable de cet incendie.
La FENVAC a été présente tout au long du procès, manifestant un soutien constant aux victimes et les accompagnant notamment dans la création de leur association, AVIPO (Association des Victimes de l’Incendie de l’Hôtel Paris-Opéra). Les victimes quant à elles ont déploré l’absence d’autorités publiques sur le banc des accusés estimant que leur présence dans cet établissement résultait en partie de leur fait. Elles ont néanmoins exprimé leur soulagement à la fin de la procédure judiciaire.
En ce jour, nous rendons hommage aux victimes de cet incendie et exprimons notre soutien aux rescapés.





