Il y a 7 ans, alors que Strasbourg s’illumine pour les fêtes, la violence terroriste frappe le marché de Noël en plein cœur de la ville. En quelques minutes, des vies sont arrachées, des trajectoires sont brisées et une ville entière bascule dans l’horreur. Cinq personnes perdent la vie et onze sont blessées.
Ce soir-là, le terroriste ouvre le feu au cœur de la foule avant de fuir à travers les rues. Dans sa course, il s’en prend à un chauffeur de taxi et lui impose un véritable supplice. Pris en otage, le chauffeur est contraint de conduire sous la contrainte, exposé à la terreur pendant 15 longues minutes. Ce terrible moment fait partie intégrante du traumatisme et illustre la violence physique et psychologique infligée.
Derrière chaque victime, il y a une histoire, une famille, des proches confrontés à une absence qui ne se comble pas. Pour les blessés, la reconstruction s’inscrit dans le temps long, entre soins médicaux, cicatrices visibles et invisibles indélébiles et combat quotidien contre les troubles psychotraumatiques. Le sommeil se fragmente, la peur s’installe, la confiance envers le monde se fissure. La vie d’avant ne revient jamais totalement.
Une stèle commémorative située place de la République a été déposée en mémoire des victimes. Odieusement dégradée le 5 novembre 2024, la Ville de Strasbourg a procédé depuis à sa réhabilitation.
Au-delà du drame, l’impact de cet attentat s’inscrit dans la durée. Il a en effet donné lieu à un long parcours judiciaire et le procès en appel au printemps prochain s’inscrit dans cette continuité, rappelant que la quête de vérité, de responsabilité et de reconnaissance demeure un enjeu central pour les victimes.
Porter la mémoire de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg, c’est affirmer que les victimes ne doivent jamais être reléguées à la marge du récit. C’est rappeler que derrière chaque commémoration il y a des corps meurtris, des vies bouleversées et une dignité à préserver. La mémoire n’est pas un regard tourné vers le passé, elle est un engagement constant aux côtés des victimes, aujourd’hui et demain. Ne les oublions pas.






