NOUS RENDONS HOMMAGE AUX VICTIMES DE L’ACCIDENT FÉRROVIAIRE DE BRÉTIGNY SURVENU LE 12 JUILLET 2013

Le 12 juillet 2013 à 17h11, le train Intercités reliant Paris-Austerlitz à Limoges, transportant trois cent quatre-vingt-cinq passagers, a déraillé en traversant la gare de Brétigny-sur-Orge. La défaillance d’une éclisse (pièce métallique assurant la jonction entre deux rails) a provoqué la séparation du convoi en deux parties à partir de la voiture quatre. Le freinage d’urgence a été actionné. Les voitures un, deux et trois se sont progressivement arrêtées. Les voitures quatre et cinq se sont couchées, la six s’est retrouvée en travers des voies et la sept est restée sur la voie. Sept personnes sont décédées, dont quatre présentes sur le quai et trois dans le train. Soixante-dix personnes ont été blessées.

Le 13 juillet 2013, au lendemain de l’accident, une minute de silence a été observée dans l’ensemble des gares et des trains de France. La gare de Brétigny est restée fermée trois jours sur décision présidentielle, le temps de réfectionner intégralement les voies et le quai.

Une enquête de flagrance a été ouverte par le procureur de la République le jour de l’accident. Le 24 juillet 2013, le juge d’instruction a ouvert un réquisitoire introductif pour homicides involontaires et interdiction temporaire de travail inférieure et supérieure à trois mois. L’enquête, confiée à la Direction régionale de la police judiciaire de Versailles et à trois juges d’instruction, a mobilisé plusieurs expertises sur près de neuf ans. Elle a établi que le déraillement résultait du désassemblage progressif d’une éclisse sur un appareil de voie appelé traversée jonction double, située à 200 mètres en amont de la gare. Une fissure, détectée dès 2008 sur le cœur de cet aiguillage, avait provoqué la rupture lente des boulons fixant l’éclisse. Celle-ci a fini par basculer et se loger dans la voie, provoquant le déraillement au passage du train.

Le 12 juin 2020, le juge a rendu son ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel. Le procès s’est tenu devant le tribunal correctionnel d’Évry du 25 avril au 17 juin 2022, soit près de neuf ans après les faits. Trois prévenus ont comparu pour homicides et blessures involontaires : la SNCF, son gestionnaire d’infrastructure SNCF Réseau, et Laurent WATTON, chef de secteur à l’époque des faits, qui avait réalisé seul, sans annonceur, la dernière tournée d’inspection de l’aiguillage le 4 juillet 2013, soit huit jours avant l’accident.

Le jugement, rendu le 26 octobre 2022, a condamné la SNCF à 300 000 euros d’amende pour négligence dans le suivi de la pièce défaillante, peine inférieure aux 450 000 euros maximum requis par le parquet. Cette décision est due au fait de la récidive légale de l’entreprise en matière d’homicides involontaires. SNCF Réseau et Laurent WATTON ont en revanche été relaxés.

La FENVAC, constituée partie civile dans cette procédure et représentée par Maître Gérard CHEMLA, s’est tenue aux côtés des victimes tout au long de la procédure judiciaire. Elle a également accompagné les victimes dans la création de leur association : l’Association des Victimes de la Catastrophe de Brétigny (E.D.V.C.B.). À ce titre, Jean-Luc MARISSAL, lui-même victime de la catastrophe, a rejoint le conseil d’administration de la Fédération afin de mettre son expérience au service des actions de prévention et de l’amélioration de l’accompagnement des victimes de drames collectifs.

Une cérémonie en hommage aux victimes se tiendra ce dimanche 12 juillet à Brétigny, suivie d’une seconde cérémonie le lundi 13 juillet à Limoges.

En ce jour, nous rendons hommage aux victimes et exprimons notre soutien aux rescapés de ce drame.

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