Procès de l’attentat de Romans-sur-Isère : un procès sous tension pour les victimes

Depuis le lundi 27 octobre, Abdallah Osman Ahmed comparaît devant la Cour d’assises spécialement composée de Paris pour assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste.

L’auteur présumé de l’attaque au couteau commise le 4 avril 2020 à Romans-sur-Isère, ayant fait deux morts et cinq blessés, est jugé après plus de quatre ans d’instruction. Le procès doit se poursuivre jusqu’au vendredi 7 novembre.

Le 4 avril 2020, en pleine période de confinement, Abdallah Osman Ahmed, ressortissant soudanais né en 1987, attaque plusieurs personnes dans les rues de Romans-sur-Isère, muni d’un couteau. En une quinzaine de minutes, il blesse sept personnes sur un parcours d’environ 400 mètres. Deux victimes sont décédées des suites de cette attaque, Thierry Nivon, client d’une boucherie, et Julien Vinson, poignardé devant son domicile sous les yeux de son fils âgé de 13 ans.

Cinq autres personnes ont également été grièvement blessées.

L’auteur est interpellé quelques minutes plus tard par la police, sans résistance, après avoir tenté de dissimuler son couteau. Il récite alors des prières en arabe et prononce « Allah Akbar ».

Abdallah Osman Ahmed est poursuivi pour les faits d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste.

Devant la Cour, l’accusé reconnaît les faits d’assassinat, tout en affirmant ne pas avoir eu conscience de ses actes au moment des faits.

Concernant les tentatives d’assassinat, il déclare ne pas se souvenir et ne les confirme ni ne les infirme.

Il explique avoir entendu des voix, souffrir de paranoïa et de troubles psychotiques apparus après son arrivée en France. Il conteste toute préméditation et nie toute appartenance à une idéologie radicale.

Le débat judiciaire se concentre sur deux questions majeures : la qualification terroriste des faits et la responsabilité pénale de l’accusé.

Le lundi 27 octobre, jour de l’ouverture du procès, l’accusé a déclaré ne pas se souvenir des faits, évoquant un épisode de dissociation et des hallucinations auditives. Une enquête de personnalité a été effectuée.

Le mardi 28 octobre, les auditions de témoins ayant connu M. Osman Ahmed, et les auditions des enquêteurs de la DGSI et de la SDAT relatives à l’enquête de flagrance ont eu lieu. Les images de l’attaque et la reconstitution des faits ont également été diffusées. Cette journée a été d’une particulière difficulté pour les parties civiles présentes au procès. Confrontées à leur assaillant, elles ont été contraintes de revivre l’attaque, en images, dont elles ont fait l’objet. Des psychologues ont pu accompagner les victimes après ce moment douloureux.

Le mercredi 29 octobre, les pompiers et policiers intervenus sur les lieux, juste après les faits, ont pu décrire un homme récitant des prières et appelant au djihad lors de son interpellation. L’arme du crime a également été présentée devant la Cour, ravivant les souvenirs des victimes présentes sur place.

Le jeudi 30 octobre, les policiers de la SDAT ayant mené la garde à vue ont pu être entendu par le tribunal. Ils ont précisé qu’entre le 5 et le 8 avril 2020, l’accusé a été auditionné à dix reprises. Il avait pu fait part notamment de son sentiment de persécution en raison de sa couleur de peau et de sa religion. Lors de cette garde à vue, il était apparu comme paranoïaque, expliquant se sentir constamment en danger. En effet, il avait indiqué aux enquêteurs avoir l’impression qu’il faisait l’objet de complots où des individus tenteraient de l’empoisonner. Il avait aussi précisé entendre des voix et avoir des pensées suicidaires, mettant en avant une dissociation lors de l’attaque, ce qui expliquerait selon lui son absence de souvenirs des faits.
Au cours des interrogatoires, Abdallah Osman Ahmed se contredisait énormément. Une psycho-criminologue, présente lors de ceux-ci a pu observer les idées délirantes du mis en cause. Elle indiquera dans son rapport qu’il se situait manifestement en dehors de notre réalité et dans un état dissociatif.

Le vendredi 31 octobre, les auditions des témoins et des parties civiles ont eu lieu. Les proches de Thierry Nivon, victime décédée lors de l’attentat, ont pris la parole devant la Cour pour lui rendre hommage. Ils ont exprimé leur profond désir de voir la justice rendue et l’accusé condamné, afin qu’aucune autre famille n’ait à subir un tel drame.

Plusieurs victimes directes et leurs proches se sont constitués parties civiles lors de ce procès.

La FENVAC, représentée par Maîtres Aline Servia et Margot Belbenoit, est également constituée partie civile.

Un représentant de la Fédération est présent chaque jour au procès, afin d’accompagner et soutenir les victimes et leurs proches.

Les victimes et leurs familles expriment leur espoir que ce procès permette la reconnaissance pleine de leur souffrance. La diffusion des vidéos de surveillance, la présentation de l’arme du crime et la reconstitution des faits ont ravivé des souvenirs d’une extrême violence.

Certaines victimes indirectes, comme la propriétaire de la boucherie, assistent également aux audiences, tout comme les habitants de Romans-sur-Isère, toujours profondément marqués par ce drame.

Le procès s’achèvera le vendredi 7 novembre prochain.

Les victimes attendent d’obtenir la vérité et Justice pour le drame auquel elles ont été confrontées.

Nous soutenir

C’est grâce à votre soutien que nous pouvons vous accompagner dans l’ensemble de vos démarches, faire évoluer la prise en charge des victimes par une mobilisation collective, et poursuivre nos actions de défense des droits des victimes de catastrophes et d’attentats.

Soutenir la FENVAC

Ils financent notre action au service des victimes