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Revue de presse

13 novembre : où en est l’enquête, deux ans après les attentats ?

13/11/2017

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Le 13 novembre 2015, trois commandos d’une même cellule jihadiste attaquent Paris et Saint-Denis à l’arme lourde au nom de Daesh et font 130 morts, plus des centaines de blessés. Selon François Molins, les juges d’instruction "espèrent clôturer le dossier au printemps 2019".

Deux ans déjà que la France a vécu l’attaque la plus meurtrière sur son sol depuis la Seconde Guerre mondiale. Le 13 novembre 2015 est à jamais gravé dans les esprits des Français. 130 personnes ont perdu la vie ce soir-là à Paris et Saint-Denis. Plus de 680 autres ont été blessées, sans compter les traumatismes psychologiques des survivants. Des attentats revendiqués par Daesh.

Deux ans plus tard, l’enquête n’est toujours pas terminée. D’après le procureur de la République de Paris, François Molins, invité de France Info le 10 novembre, les juges d’instruction "espèrent clore le dossier au printemps 2019". Selon lui, le "dossier tentaculaire" comporte déjà 220 tomes de procédures et un peu plus de 28.000 procès verbaux. À titre de comparaison, le procès d’Abdelkader Merah, qui a duré 5 semaines, comportait 117 tomes de procédure.

En France, une quinzaine de suspects sont mis en examen ou visés par un mandat d’arrêt. Sept individus sont actuellement en détention provisoire dans le cadre de l’enquête, trois sont sous mandat d’arrêt international. D’autres sont dans les geôles belges, puisque les attentats de Paris et Bruxelles (du 22 mars 2016, ndlr) sont liés à une même cellule jihadiste. Des mises en examen ne sont pas impossibles dans le futur.

7 personnes en détention provisoire en France

Après plusieurs mois, et grâce à des tonnes de documents retrouvés dans des ordinateurs et téléphones, les enquêteurs ont réussi à recouper les relations dans la cellule et trouver des suspects liés à l’attentat et sa préparation. La première des sept personnes placées en détention provisoire est évidemment Salah Abdeslam, seul survivant des commandos kamikazes du 13 novembre, arrêté en Belgique le 18 mars 2016. Muré dans le silence depuis son emprisonnement - sauf une fois au cours de sa garde à vue - le frère de Brahim Abdeslam (kamikaze du Comptoir Voltaire) est détenu dans des conditions spéciales à Fleury-Mérogis.

Deux personnes l’avaient récupéré à Paris pour le faire passer en Belgique le soir-même des attentats alors que sa ceinture n’a pas explosé. Il s’agit de Hamzaa Attou et Mohamed Amri. Un troisième est appelé à l’aide par le terroriste présumé une fois à Bruxelles, il - Ali Oulkadi - serait, d’après Le Monde daté du 10 novembre 2017, le dernier homme à avoir vu Salah Abdeslam avant sa cavale de plusieurs mois. Ces trois-là sont également détenus dans les prisons françaises.

Adel Haddadi, un Algérien de 28 ans, et Mohamad Usman, un Pakistanais de 34 ans, ont été arrêtés le 10 décembre 2015 dans un centre de réfugiés situé à Salzbourg, en Autriche. Ils sont suspectés d’avoir prévu une quatrième attaque le soir su 13 novembre. D’après Le Monde, la justice les soupçonnerait d’avoir été missionnés pour une attaque dans le métro parisien. Farid Kharkhach est également en détention provisoire, suspecté d’avoir été l’intermédiaire entre les jihadistes et le réseau de faussaires qui leur a fourni leurs faux papiers (14 cartes d’identité) qui leur ont permis de louer des voitures et des planques en Belgique.

5 individus détenus en Belgique

D’autres suspects sont eux aussi également en prison, mais en Belgique. Ils sont en effet aussi concernés par les attentats du 22 mars à Bruxelles qui ont fait 32 morts. Des noms se retrouvent en effet dans les deux dossiers. Celui d’Abdeslam se trouve à côté de Mohamed Abrini, "l’homme au chapeau" de l’aéroport de Bruxelles, qui a abandonné ses explosifs, contrairement aux autres jihadistes qui l’accompagnaient. Il est un ami d’enfance de Salah Abdeslam. Il est soupçonné d’avoir fait des repérages pour le 13 novembre et fait l’objet de poursuites dans l’enquête des attentats de Paris en France.

Yassine Atar est également soupçonné d’être un acteur déterminant dans les deux attaques terroristes. Frère d’Oussama Atar, désigné comme le logisticien des attentats depuis la Syrie - malgré ses démentis -, Yassine gardait la clef de l’appartement de Shaerbeek, en Belgique, là où ont été fabriqués les ceintures explosives.

Mohamed Bakkali est un proche des frères El Bakraoui, kamikazes de l’aéroport et du métro à Bruxelles, et serait un donneur d’ordres de Salah Abdeslam, lit-on dans Le Monde, qui précise qu’il aurait notamment loué des planques et des véhicules. Enfin, deux personnes, Osama Krayem et Sofiane Ayari, sont soupçonnées d’avoir voulu commettre un attentat à l’aéroport d’Amsterdam, le soir des attaques parisiennes. Elles sont aussi détenues en Belgique.

Ahmed Dahmani demandé à la Turquie

Il fait partie des individus visés par un mandat d’arrêt international. Ahmed Dahmadi est incarcéré en Turquie pour appartenance à une organisation terroriste et usage de faux, arrêté une semaine après le drame. Paris, qui le soupçonne d’être l’homme qui en sait le plus sur la préparation des attentats, a demandé à Ankara sa remise à la France. Dahmani s’était envolé pour la Turquie depuis Amsterdam le 14 novembre 2015 au matin.

En plus de croire qu’il est le logisticien des attentats depuis la Syrie, les autorités pensent savoir qu’Oussama Atar a aussi participé à l’adhésion des thèses jihadistes dans la fratrie El Bakraoui.

Le principal artificier présumé de la cellule jihadiste de Paris et Bruxelles est aussi visé par le mandat d’arrêt. D’après Le Monde, Ahmad Alkhald a fui le pays avant le 13 novembre vers la Turquie. Il est également placé sur liste noire des États-Unis.

Encore des "zones d’ombre"

En septembre dernier, France Inter dévoilait qu’un homme au rôle-clef dans les attentats serait toujours recherché. Il aurait également été impliqué dans l’attaque manquée dans un Thalys en août 2015. L’homme aurait été en lien avec le leader du commando meurtrier, Abdelhamid Abaaoud.

Le Monde établit le portrait de Bilal Chatra, dit "Hamza le sniper". Il aurait adopté un rôle de "poisson-pilote" dans la cellule d’après les enquêteurs cités par le journal. Il serait impliqué dans trois projets à caractère terroriste : Verviers, le Thalys et le 13 novembre. Il était aussi en lien avec Abdelhamid Abaaoud.

"Il y a toujours des zones d’ombre dans les dossiers, a encore commenté François Molins. On peut toujours espérer que l’arrestation de certaines personnes, si elles acceptent de coopérer et de parler, puisse apporter des éléments positifs et des clés de lecture supplémentaires pour comprendre tout ce qu’il s’est passé".

Date : 13/11/17
Auteur : Cécile De Sèze
Source : RTL