Attentat de la gare Saint-Charles. La justice ne reconnaît pas la faute de l’État

Le tribunal administratif de Lyon a débouté, ce mercredi 22 janvier 2020, les familles de deux jeunes filles tuées dans l’attentat de la gare Saint-Charles, à Marseille, en octobre 2017, qui dénonçaient la responsabilité de l’État.

La juridiction administrative a écarté, ce mercredi 22 janvier 2020, la responsabilité de l’État dans la mort de deux étudiantes tuées dans un attentat, à la gare Saint-Charles de Marseille, le 1er octobre 2017. Elle a donc suivi le rapporteur public.
Le tribunal administratif considère que l’État n’a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité en s’abstenant d’édicter une mesure d’éloignement, assortie d’un placement en rétention, à l’encontre d’Ahmed Hanachi, l’auteur de l’attaque au couteau. Elle reconnaît cependant plusieurs dysfonctionnements au sein des services de la préfecture.

Un Tunisien en situation irrégulière
Le 29 septembre 2017, Ahmed Hanachi, Tunisien de 21 ans en situation irrégulière, avait été arrêté pour un vol à l’étalage à Lyon. Connu sous sept identités différentes, mais sans casier judiciaire, il avait finalement été libéré le lendemain.
Il avait ensuite pris un train pour Marseille où il avait tué au couteau Mauranne Harel, 21 ans et Laura Paumier, 20 ans, sur le parvis de la gare avant d’être abattu par des militaires de l’opération Sentinelle.

Le préfet du Rhône avait été limogé
Le fonctionnaire de garde à la préfecture à Lyon avait renoncé à le placer en centre de rétention en vue d’une expulsion dans son pays, constatant que le centre ne disposait pas de place libre à ce moment-là. Il n’avait pas non plus alerté ses supérieurs du cas de ce ressortissant tunisien.
Quelques jours après l’attentat, Gérard Collomb, alors ministre de l’Intérieur, avait limogé le préfet du Rhône Henri-Michel Comet ainsi que son sous-préfet. Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, avait reconnu de son côté un ensemble de dysfonctionnements pour justifier cette décision.

Publié par Ouest France, le 28 janvier 2020.

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