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Revue de presse

Carlos condamné à la perpétuité pour l’attentat du Drugstore Publicis

28/03/2017

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Le terroriste, déjà condamné à deux reprises à la perpétuité, était jugé pour cet attentat commis en 1974 à Paris. Deux personnes étaient mortes et 34 avaient été blessées.

Quarante-trois ans après les faits, le verdict. Le terroriste Carlos, 67 ans, a été condamné, mardi, à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’attentat commis contre le Drugstore Publicis, à Paris, en 1974. La cour d’assises spéciale de Paris a suivi les réquisitions de l’avocat général qui avait réclamé la peine la plus sévère du droit français.

Les avocats du Vénézuélien ont indiqué qu’il ferait sûrement appel de cette décision. Ils disposent de dix jours. Avant l’énoncé du verdict, Carlos, de son vrai nom Ilich Ramirez Sanchez, avait dénoncé un procès « absurde ». Se présentant comme un « révolutionnaire professionnel », il estime être un prisonnier politique. « J’appartiens à la 4e génération dans ma famille », s’est vanté celui que l’on surnomme également le « Chacal », en expliquant avoir « connu la prison pour la première fois avec sa mère à l’âge de cinq ans ».

« Dépasser le doute raisonnable »

Pour sa défense, Carlos a fait valoir que rien n’indiquait avec certitude qu’il soit l’homme qui avait jeté la grenade depuis le restaurant en mezzanine du Drugstore vers la galerie marchande, le 15 septembre 1974. Il estime que le doute doit pouvoir lui bénéficier. Il est vrai que les témoignages directs recueillis après l’explosion du Drugstore ne sont pas déterminants. D’autres éléments ont cependant conduit l’avocat général à estimer que « tous les éléments accumulés durant l’enquête convergent vers lui », malgré l’absence d’ADN, dont la technique n’était pas utilisée à l’époque et que « la raison permet de dépasser le doute raisonnable ».

L’un des plus anciens complices du terroriste, l’Allemand Hans Joachim Klein, l’a directement accusé. Le terroriste se serait vanté de son acte auprès de lui. Ramirez Sanchez aurait également revendiqué le crime dans un entretien accordé au journal pro-irakien Al-Watan al-Arabi, traduit et repris par Le Figaro Magazine en décembre 1979 : « À 5 heures, j’envoyai deux grenades dans le drugstore Saint-Germain. Deux personnes furent tuées et trente autres blessées. » Carlos a toujours nié avoir répondu aux questions d’un quelconque journaliste. Mais, coïncidence, l’un des autres attentats pour lesquels il a été condamné visait, en 1982, les locaux parisiens d’Al-Watan, rue Marbeuf.

En outre, la grenade utilisée proviendrait du même lot que celles retrouvées dans l’appartement de sa maîtresse et entre les mains d’un commando de l’armée rouge révolutionnaire proche d’un mouvement palestinien auquel appartenait également le Vénézuélien. Lundi, Carlos avait fini par lâcher : « Peut-être que c’est moi, mais il n’y a aucune preuve de cela. » L’audience a montré qu’il était difficile de juger aussi longtemps après des faits.

« La paléontologie judiciaire »

Les avocats de l’accusé ont d’ailleurs dénoncé « la paléontologie judicaire » que représente ce procès. La procédure qui a mené le terroriste devant les tribunaux aura été d’une longueur inhabituelle. L’enquête aura particulièrement traîné. En 1983, la première décision dans l’affaire prend la forme d’un non-lieu. À l’époque, la justice doute de l’existence réelle de Carlos. C’est son arrestation, en 1994, qui relance la machine. Mais un nouveau non-lieu est prononcé en 1999, à défaut de charges suffisantes. À la suite de pourvois du parquet et d’associations, un supplément d’information est demandé. En 2014, une juge d’instruction renvoie Carlos devant une cour d’assises spécialement composée pour cet attentat. Il faut attendre 2017 pour le procès et le verdict.

Entre-temps, le Chacal aura été condamné à deux reprises à la perpétuité pour le meurtre de trois hommes, dont deux policiers en 1975 à Paris, et pour quatre attentats à l’explosif qui avaient fait onze morts et près de 150 blessés en 1982 et 1983, dans la capitale, à Marseille et dans deux trains.

Source : lefigaro.fr
Date : 28 mars 2017