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Revue de presse

"Il y a un gros manque de culture de sécurité civile en France"

09/08/2017

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Un rapport, rendu par le Sénat, met en cause le système d’alerte de la population en cas d’attentat. Selon ce texte, cette application serait inefficace. Ludovic Lux, expert en sécurité civile, confirme ce constat et expose des pistes d’amélioration .

Quand il y aura un nouvel attentat, "il sera trop tard pour s’en préoccuper", met en garde le sénateur Les Républicains Jean-Pierre Vogel. L’élu estime que l’application alerte attentat Saip (Système d’Alerte et d’Information des Populations), lancée après les attaques jihadistes de novembre 2015 et censée prévenir les particuliers, est "défaillante". Dans un rapport qui doit être remis lundi 7 juillet au gouvernement, il invite à revoir le système d’alerte et vite.

Expert en sécurité civile et en gestion de crise et président de Visov (Volontaires internationaux en soutien opérationnel virtuel), Ludovic Lux estime sur franceinfo "qu’il y a un gros manque de culture de sécurité civile en France" et que le système d’alerte doit se traduire par "une stratégie globale".

Êtes-vous d’accord avec les conclusions du rapport de Jean-Pierre Vogel ?

Ludovic Lux : Je crois que M. Vogel a bien ciblé les petites défaillances de l’application Saip. Mais il faut voir plus largement le système d’alerte en France. Il y a des pistes d’amélioration qui sont toutes simples. La première défaillance majeure suite a eu lieu à la suite de l’attentat de Nice [l’alerte est arrivée trop tard]. Je pense que si on avait fait un grand plan de communication avant l’Euro de football avec des spots télévisés, on aurait atteint encore mieux la cible car c’est aussi ça qui a péché : le plan de communication qui allait avec l’application.

Il y a un gros manque de culture de sécurité civile en France. On voit la mobilisation des citoyens après les attentats avec les initiations aux gestes qui sauvent. Je pense que tout simplement il faudrait faire pareil pour la sécurité civile, pour les alertes. Un exemple concret ? La sirène qui sonne tous les premiers mercredis du mois. Si elle sonne en dehors de ce créneau-là, personne ne sait pourquoi. Je pense que c’est à ce niveau là qu’il y a aussi un levier d’appui.

La sirène est-elle un bon moyen d’alerte ?

C’est une stratégie globale. Pour moi, tous les moyens d’alerte sont bons : le mégaphone, la sirène, le réseau radio, les réseaux sociaux - très importants parce qu’ils feront dans l’instantanéité - , les applications (Saip, Qwidam, Vialert, etc). Il faut aussi envoyer des sms. La Belgique vient de créer un système qui s’appelle Be-Alert, une plateforme multimodale qui fonctionne, qui ne coûte pas si cher que ça. Il faut impliquer les opérateurs mobiles en France.

Ce sont les utilisateurs qui s’inscrivent ou les opérateurs qui donnent les numéros ?

Sur Be-Alert, il y a deux solutions : soit le citoyen va s’inscrire sur une plateforme, soit le directeur des opérations de secours (le maire, le préfet, le ministère de l’Intérieur) peut déclencher dans une zone géographique, l’envoi massif de sms avec des consignes. Mais j’irai même plus loin : pourquoi ne pas réfléchir, en cas d’alerte imminente, à un dispositif semblable à Alerte enlèvement avec un message sur les radios et les télés.

Les Japonais sont formés dès l’enfance au risque sismique. Est-ce qu’en France, on a une formation aux bons gestes à l’école ?

Je me souviens qu’à une époque on avait des cours d’éducation civique à l’école et je pense que ça pourrait entrer dans ce cadre-là. On commence par les gestes qui sauvent. Un enfant de quatre ans peut appliquer une mise en position latérale de sécurité. Commençons par-là. Mettons des modules alerte à la population et des exercices de confinement. On le voit maintenant avec les plans de mise en sécurité, où, dès le plus jeune âge, on apprend aux enfants à se confiner et à rester au calme. Il y a toute une éducation à faire.

Date : 07/08/2017
Auteur : Bertrand Guay
Source : france info