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Revue de presse

Ouragan Irma : au moins 8 morts et une vingtaine de blessés à Saint-Martin

07/09/2017

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La partie française de l’île de Saint-Martin été détruite à "95%" par le passage de l’ouragan, mercredi. Au moins huit personnes y sont mortes, et une vingtaine d’autres blessées .

"Scène d’horreur", "cauchemar", "paysage apocalyptique" : l’ouragan Irma a tout emporté à Saint-Martin. "95%" de la partie française de l’île a été détruite, selon une source officielle et au moins huit personnes sont mortes, selon un bilan provisoire, qui pourrait bien s’alourdir compte tenu de l’impossibilité des secours d’accéder à toutes les zones touchées. À Saint-Barthélémy, où les contacts restent très compliqués, on découvre encore les dégâts. Les deux îles sont sans eau potable, sans électricité, les bâtiments publics inutilisables et les services de secours eux-mêmes dévastés. Irma fait maintenant chemin vers la Floride.

Les principales infos à retenir

  • Au moins huit morts et une vingtaine de blessés ont été recensés à Saint-Martin, "95%" de la partie française de l’île est détruite
  • Une personne est morte à Barbuda, où la moitié de la population est sans abri
  • Les deux principales centrales électriques de St-Martin et St-Barthélemy sont à l’arrêt
  • Un pont aérien entre la Guadeloupe et Saint-Martin et Saint-Barthélémy doit être mis en place jeudi

Au moins huit morts à Saint-Martin. Après le passage de ce cyclone de catégorie 5, le maximum sur l’échelle d’intensité des ouragans, l’heure est au bilan : à 8h30 du matin (heure de métropole), on dénombrait huit personnes mortes et une vingtaine d’autres blessées à Saint-Martin. "Le bilan n’est pas définitif, loin de là, car la gendarmerie n’a pu recommencer à sortir qu’en milieu de matinée. Auparavant, la force des vents ne leur permettait pas de sortir", a expliqué Éric Maire, le préfet de Guadeloupe. "Nous n’avons pas, y compris avec les sapeurs-pompiers, exploré toutes les parties de l’île. Nous risquons malheureusement de faire d’autres découvertes", a-t-il ajouté. "C’est possible que lorsqu’on découvrira l’ensemble des deux îles, il y ait un bilan qui soit beaucoup plus lourd, hélas", a confirmé le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

Un pont aérien devait être mis en place entre la Guadeloupe et les deux îles, jeudi, pour tenter d’évaluer les dégâts avec plus de précision et porter secours aux habitants. Les communications très parcellaires et les aéroports pratiquement impraticables retardent l’établissement d’un bilan précis. À Sint Marteen, la partie hollandaise de l’île, "les dégâts sont énormes", mais il n’y a pas de mort pour l’instant, a déclaré le Premier ministre néerlandais, présentant l’île comme coupée du monde.

Un bilan matériel catastrophique. "95%" de la partie française de Saint-Martin a été détruite lors du passage d’Irma. "La situation est dramatique" sur les deux îles, où l’évaluation des dégâts vient de débuter, a poursuivi le préfet Éric Maire lors d’une conférence de presse. "Il n’y a plus d’eau potable, plus d’électricité, des bâtiments publics sont inutilisables, on estime que 60 à 70% des maisons d’habitations sont détruites à Saint-Martin."

Il faudra "des semaines et des mois" avant un retour à la normale de l’électricité à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, a estimé jeudi le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, sur Europe 1. "Nos moyens de production sur chacune des deux îles sont toujours arrêtés" tandis que les réseaux de distribution y ont aussi subi des dégâts "considérables", a-t-il indiqué. Le réseau téléphonique mobile est en revanche déjà rétabli à Saint-Martin et en passe de l’être à Saint-Barthélemy, selon Orange.

Notre envoyé spécial raconte s’être recroquevillé dans une maison puis avoir du se contorsionner pour sortir avant de découvrir un paysage de désolation.

"On n’a jamais vu ça. L’île est détruite. Il y a des hôtels qui sont submergés par l’eau. Il y a des murs de 500m de long qui ont été arrachés", a constaté le gérant d’un hôtel de Saint-Martin au micro d’Europe 1. On espère que la France fasse le nécessaire. Il ne faut pas qu’on attende une semaine, que demain les gens arrivent ici et qu’ils nous aident. Il y a encore des familles qui sont bloquées chez eux".

"C’est catastrophique. C’est Hiroshima", déplore également Éric, loueur de bateau à Saint-Martin, contacté par Europe 1. "Il y a des quartiers entiers qui sont rasés. Il y a des alarmes qui sonnent de partout. On a tout perdu, maison, bateau, business mais on est tous en vie".

Peu de nouvelles de Saint-Barthélémy. Peu de nouvelles en revanche arrivent de Saint-Barthélémy, également frappée par l’œil de l’ouragan. La préfecture a indiqué que l’aéroport et l’hôpital étaient hors service, tout comme la centrale EDF, donc. La caserne des pompiers a été inondée, compliquant l’intervention des secours. Sur une cinquantaine de numéros appelés ce matin par Europe 1, une seule personne, habitante de Gustavia, la ville principale de l’île, a décroché. "Toutes les maisons ont des toitures envolées, les hôtels en bord de plage sont détruits", a-t-elle témoigné.

Les secours s’organisent. Après avoir annoncé la mise en place d’un fonds d’urgence, mercredi, Emmanuel Macron a indiqué qu’il se rendrait "dès que possible" sur les lieux touchés par l’ouragan. Le président a prédit un bilan "dur et cruel" et précisé que "l’ensemble des services de l’État sont mobilisés, d’abord pour rétablir les liaisons et assurer l’organisation des secours."

Une base logistique a été installée à Pointe-à-Pitre, qui permettra de concentrer les moyens qui vont venir de métropole, des Antilles et de Guyane et de les répartir ensuite sur des avions ou des bateaux. Partie en Guadeloupe, avec des "renforts humains et matériels"(60 militaires de la sécurité civile, 60 sapeurs-pompiers d’Ile-de-France, 18 personnels de la Croix-Rouge, 20 médicaux), la ministre des Outre-mer Annick Girardin a annoncé à la presse l’apport de "chiens, parce que malheureusement nous allons avoir du travail à Saint Barthélémy où les dégâts sont très importants". Un avion supplémentaire transportant des secours devait partir jeudi matin vers la zone touchée par l’ouragan, a annoncé le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

La Croix-rouge, le Secours populaire et la Fondation de France ont lancé des appels aux dons pour venir en aide aux populations touchées.

Barbuda "totalement dévastée". La petite île de Barbuda n’a pas non plus résisté au plus puissant ouragan jamais enregistré dans l’océan Atlantique. Le Premier ministre parle d’une "dévastation absolue". Irma a causé des destructions telles que l’île qui compte environ 1.600 habitants "n’est plus qu’un tas de décombres". L’île est "à peine habitable", a expliqué Gaston Browne, qui estime que la moitié des habitants sont sans abri et que la reconstruction prendra des années, pour un coût de 150 millions de dollars. On dénombre au moins un mort sur cette petite île caribéenne.

Cuba et la Floride se préparent. L’ouragan se décale vers l’ouest et, selon les dernières estimations du Centre américain des ouragans (NHC), devrait passer au nord d’Haïti jeudi après-midi, avant de prendre la direction de Cuba et la Floride, où des mesures d’évacuation ont déjà été prises. À La Havane, les habitants ont commencé à stocker de la nourriture, de l’eau et du carburant.

Vendredi et samedi, un autre ouragan, José, passera à environ 300 km au nord-est de Saint-Martin et Saint Barthélemy avec des vents à 90-100 km/h, occasionnant de nouvelles précipitations. Un troisième ouragan, Katia, menace la côte atlantique du Mexique : un bulletin d’alerte ouragan a été émis pour les populations entre les villes de Cabo Rojo et de Laguna Verde pour la nuit de vendredi à samedi.

Source : Europe 1
Auteur : la rédaction
Date : 07/09/2017