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Revue de presse

Procès de la filière Cannes-Torcy : La grosse colère du président de la cour d’assises

16/05/2017

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Les victimes de l’attentat de l’épicerie casher de Sarcelles ne se sont pas présentées ce mardi devant la cour d’assises spéciale.


  • La cour d’assises spéciale devait se pencher sur l’attentat de Sarcelles, point de départ de toute l’enquête
  • Les victimes ne sont pas venues témoigner, invoquant des craintes de sécurité
  • Une décision incompréhensible aux yeux des avocats de la défense.

« Mais qu’est ce qu’on va faire aujourd’hui ? » Philippe Roux, le président de la cour d’assises spéciale, qui juge depuis près d’un mois la filière djihadiste dite « Cannes-Torcy », peine à garder son calme ce mardi. Aucune des victimes de l’attentat contre l’épicerie casher de Sarcelles, perpétré en septembre 2012, n’est venue témoigner. «  A quoi ça sert de faire tout ça si les parties civiles, les victimes, ne sont pas là ?  », tempête le magistrat, d’ordinaire conciliant. « Je n’ai pas été informé. Ce n’est pas possible ! On ne va pas y arriver… »

Ce mardi, près d’un mois après l’ouverture du procès pour lequel 20 personnes comparaissent, la cour devait se pencher sur ce premier attentat, point de départ de toute l’enquête. Le 19 septembre 2012, deux hommes, le visage dissimulé sous une capuche, avaient jeté une grenade dans l’épicerie casher Nouari. L’arme, qui contient des milliers de billes métalliques, vient presque miraculeusement se loger sous une rangée de caddies qui contient le souffle. L’explosion ne fait qu’un blessé léger, un client qui a reçu des billes d’acier dans le corps, dont certaines sont toujours présentes.

Craintes des accusés

Il devait venir témoigner avec son épouse, également présente dans le magasin ce jour-là mais tous deux ont fait savoir par la voix de leur avocat qu’ils ne pouvaient se libérer ce mardi. L’employé de l’épicerie a annoncé hier soir qu’il ne souhaitait pas se présenter à la barre, la gérante a décliné dans la foulée. Le président n’était pas au courant de ces nouveaux désistements.

Dans les rangs des parties civiles, on justifie ces choix par l’angoisse des victimes « qui craignent encore aujourd’hui de faire face aux accusés », d’autant que certains comparaissent sous contrôle judiciaire. Tous réclament à être entendues en visioconférence, le visage dissimulé et la voix transformée. En aparté pourtant, certains conseils regrettent néanmoins ce choix. La présence des victimes à la barre nourrit les débats et permet parfois aux accusés de « prendre conscience de leurs actes ». « Même s’il n’y en a qu’un seul, c’est déjà cela  », confie un conseil.

« Mise en scène »

La défense de son côté dénonce une « mise en scène » destinée à « dramatiser le procès  ». « Les parties civiles cherchent le spectacle, pas la vérité », fustige Me Georges Sauveur, le conseil de Jérémy Bailly. Et de balayer d’un revers de la main les craintes de sécurité. « Leur identité et leur visage sont connus. Quant aux accusés qui comparaissent libres, ils ne sont pas liés au volet Sarcelles. » Quoi qu’il en soit, une audience est prévue le 9 juin pour que les victimes puissent être entendues en visioconférence.

Source : 20minutes.fr
Auteur : Caroline Politi
Date : 16 mai 2017