TENTATIVE D’ATTENTAT ET ASSASSINAT D’AURELIE CHATELAIN A VILLEJUIF I PRÉPARATIFS, REPERAGES, CIBLES : LA TENTATIVE D’ATTENTAT PASSÉE AU CRIBLE LORS DE CETTE TROISIÈME SEMAINE

Cette semaine du 11 octobre, s’est poursuivi le procès en appel de Sid-Ahmed GHLAM et ses présumés complices devant la Cour d’appel de l’île de la Cité.

Ce fût d’abord le temps des expertises, essentiellement génétiques sur les différents éléments retrouvés sur la scène du meurtre d’Aurélie CHATELAIN ainsi que dans la voiture de Sid-Ahmed GHLAM. Plusieurs ADN dont celui de plusieurs accusés, attestant de la manipulation de l’arme du crime, un pistolet Sphinx, ont été caractérisés selon 2 laboratoires de police scientifique.

La parole fût aussi confiée à des enquêteurs, qui ont mis en exergue les circonstances dans lesquelles l’attentat était préparé. L’un d’eux soulignera la préparation réalisée exclusivement depuis la Syrie, par des commanditaires y résidant. Ils se seraient appuyés en France sur le soutien de Rabah BOUKAOUMA, l’un des accusés, qui a utilisé son réseau pour rassembler des armes. Les commanditaires ont également veillé à ce que les différents acteurs restent hermétiquement séparés : Rabah BOUKAOUMA a pu mettre dans une voiture le matériel, mis à disposition de Sid-Ahmed GHLAM sans aucun contact entre eux.

A noter également l’audition de compagnes de combattants djihadistes parties en Syrie, notamment celle d’Abdelnacer BENYOUSSEF, chef ou « émir » des opérations extérieures de l’État Islamique. Elles ont ainsi décrit leur vie quotidienne sous l’Etat islamique : cloitrées chez elles en permanence, devant se cacher pour regarder des films, ne pouvant sortir qu’en présence de leur mari ni adresser aucun mot à un autre homme autre que lui.

Tout aussi intéressant était le témoignage d’un instructeur en camp d‘entrainement en Syrie, chargé de former les nouveaux arrivants. Selon lui, pour commettre un attentat, il faut être discret, entrainé et savoir pratiquer la taqîya (qui consiste à dissimuler sa foi islamique).

La fin de la semaine a aussi donné lieu aux premières auditions de Sid-Ahmed GHLAM sur les faits, notamment la préparation de l’attentat (la question de la mort de Mme CHATELAIN n’était prévue que pour la semaine suivante). L’opportunité d’apprécier son parcours jusqu’en Syrie, sa formation sur place, ses motivations.
Il justifie d’abord son envie de commettre un attentat en France afin de faire cesser les bombardements de la coalition en Irak et en Syrie.
S’agissant des cibles, si une gare fût un temps projetée, le choix a finalement été restreint entre l’Église Sainte-Thérèse et Saint-Cyr Sainte-Julitte. D’autres lieux ont toutefois fait l’objet de recherches : Bastille, Montreuil, ou la bibliothèque François Mitterrand à Paris.
Des éléments numériques appartenant à Sid-Ahmed GHLAM permettent de compléter ses propos. Ses fiches sont ainsi documentées d’informations très concrètes : préparation physique, premiers secours, armes, chimie des explosifs, sécurité et renseignements, topographie, tutoriels d’armes de guerre, fabrication d’engins explosifs, techniques de résistances aux interrogatoires, utilisation de boites aux lettres mortes, etc. Sera même identifiée la retranscription des échanges entre Mohammed MERAH et le médiateur des forces de l’ordre lors du retranchement du premier en 2012. Des instructions, qui semble-t-il n’ont d’ailleurs pas été entièrement respectées, ont aussi été trouvées sur des morceaux de papier. Pour ne laisser aucune trace, Sid-Ahmed GHLAM avait ainsi prévu des gants, un bandeau pour les cheveux, des sacs poubelles, des tenues de rechange différentes, etc.
La question de la Go Pro est restée en suspens, à savoir si Sid-Ahmed GHLAM avait ou non l’intention de filmer les faits. S’il nie catégoriquement cette intention, des contradictions dans sa version des faits seront relevées par les parties civiles et l’avocat général.

Pour plus de détails, prenez connaissance de la synthèse hebdomadaire des débats devant la Cour, auxquels un membre de la FENVAC assiste chaque jour :

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