Troisième procès AZF : décision le 31 octobre, la défense demande la relaxe

La cour d’appel de Paris rendra le 31 octobre à 13H30 sa décision sur l’explosion meurtrière en septembre 2001 de l’usine AZF, a annoncé sa présidente mercredi, au terme du troisième procès de la catastrophe.

"J’ai confiance", a dit l’ancien directeur du site, Serge Biechlin, accusé d’"homicides involontaires", en conclusion du troisième procès de la pire catastrophe industrielle récente en France.

29 personnes ont trouvé la mort à la suite de l’explosion le 21 septembre 2001 de ce complexe chimique à risque, géré par la société Grande Paroisse, filiale du groupe Total.

Jeudi dernier, le parquet général avait requis des peines de trois ans de prison avec sursis et 45.000 euros d’amende contre Serge Biechlin, et 225.000 euros d’amende contre Grande Paroisse.

C’est peu ou prou à ces peines que l’homme comme l’entreprise avaient été condamnés en 2012 par la cour d’appel de Toulouse, avant que ce jugement ne soit annulé par la Cour de cassation, ouvrant la voie à un troisième procès.

Les deux prévenus avaient au contraire été relaxés en première instance, en 2009, par un tribunal correctionnel.

En huit heures de réquisitoire, les deux avocats généraux avaient dénoncé jeudi la "morgue" et le "déni" des prévenus. Et appelé la cour à dire une bonne fois pour toutes que l’explosion de 2001 était bien due à un mélange accidentel de produits chimiques incompatibles, résultant de "fautes lourdes" dans la gestion de l’usine.

Le ministère public a par ailleurs estimé que la tentative des parties civiles de juger la maison-mère Total par voie de "citation directe", sur laquelle la cour d’appel devra également se prononcer, était "légitime", mais butait sur des obstacles juridiques.
Plusieurs avocats se sont succédé en défense pour demander la relaxe et plaider que, contrairement à ce qu’affirme l’accusation, il subsiste un "doute" sur l’origine accidentelle de l’explosion.

"Vous devrez écarter le spectre d’un univers industriel hanté par la crainte de la faute", qui mettrait à mal la "liberté d’entreprendre" en France, a ainsi lancé Me Jean-Pierre Boivin.

"Vous êtes dans la situation très difficile de résister à la pression légitime des victimes", a ajouté Me Daniel Soulez-Larivière, lançant aux trois magistrates composant la cour d’appel spécialisée dans les accidents collectifs : "L’ordre public exige qu’on ne condamne pas les gens sans preuve."

La défense a avancé tout au long de ce procès hors norme, qui a commencé fin janvier et a été retransmis à Toulouse, plusieurs "pistes alternatives" à celles de l’accident, en particulier celle d’un attentat terroriste.

Source : lepoint.fr
Auteur : AFP
Date : 24 mai 2017

Crédit photos : Source : lepoint.fr Auteur : AFP Date : 24 mai 2017

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